St Symphorien de Mahun : une commune ardéchoise

Cette commune située en Ardèche Verte à 20 kms d’Annonay et 36 kms de Tournon s’étend sur 19 km2 et est essentiellement forestière et montagnarde avec une altitude de 750 m au centre du village, mais peut aller jusqu’à 1100m d’altitude au mont Chaix, à Combe Noire ou au Chirat Blanc. La population a compté jusqu’à 978 habitants au XIXème siècle mais compte aujourd’hui environ 140 habitants. La population a décliné après la Seconde Guerre mondiale, les habitants sont allés chercher du travail dans la vallée et les grandes villes. Une petite route sinueuse, bordée d’arbres et de prairies vous mènera à ce village pittoresque depuis la commune de Satillieu. Votre route s’arrête là…, d’où le calme et la sérénité des lieux un peu secrets.

st symphorien de mahun

L’histoire de la commune

Les origines du nom de la commune

L’étymologie montrerait que la région était peuplée au moins dès l’époque gauloise : le nom de Mahun pourrait venir du radical celtique « Ma », qui signifie grandeur, et de « dunos » qui désigne une colline, puis une forteresse, souvent un oppidum ou ville fortifiée… Saint Symphorien était un soldat romain martyr d’Autun mort vers 178.

Un patrimoine historique

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Vers l’an 1000, Saint-Symphorien et son château était un fief important dans la région, aux mains de la riche famille des Pagan. Deux sites témoignent de ce passé glorieux : au nord-est du village, les ruines du château, détruit par des pillards en 1420. Plus bas dans la vallée, la très belle église romane de Veyrines, qui faisait partie d’un prieuré au XIIe siècle. L’église du village, date de la même période.
En 1793, Saint-Symphorien a eu le nom de Mahun libre. La commune a abrité à cette époque jusqu’à 20 prêtres. L’école privée a accueilli aussi, de 1800 à 1802, le petit séminaire clandestin organisé par Mgr d’Aviau. Aujourd’hui l’école des Frères a été transformée par Catherine et Christophe Collinet en Maison d’hôtes La Chastanha.
Le village et ses sites historiques restent des lieux pittoresques à découvrir. Leur cadre somptueux en semi-altitude dans une nature verdoyante fait le bonheur des randonneurs. Plusieurs gîtes accueillent au village ou dans les hameaux. Le café du village Lou Sanfourio fait restaurant.

Lieux et monuments

Le château de Mahun

Ce château dont il ne reste que quelques pans de murs, fut le centre de la seigneurie éponyme. Son site est remarquable, perché sur un promontoire rocheux. Le château semble avoir été édifié autour de l’an 1100. Pendant quelques siècles, les seigneurs de Mahun commandaient aussi toute la rive droite de la vallée de la Vocance. Ce fief a longtemps appartenu à la riche famille des Pagan, qui s’est cependant éteinte en 1362. Vers cette époque, déjà, les châteaux retirés étaient peu à peu délaissés au profit des habitats des vallées et des villes. Celui de Mahun fut pillé vers 1420 et abandonné en 1550. Mais son site colonisé par de grands pins a conservé de l’allure.

L’église de Veyrines

Veyrines

Cette église est le seul bâtiment subsistant d’un prieuré bénédictin fondé au XIe siècle, avec l’aide de la famille des Pagan. Son architecture magnifique et épurée de style roman se remarque de loin, juchée sur un replat tranquille au-dessus de la vallée du Nant. Sa porte d’entrée est surmontée d’une large arcade sur colonnettes. La longue nef, sobre, a conservé son toit charpenté. Une abside semi-circulaire et deux absidioles complètent son plan en croix. La voûte du transept central repose sur huit colonnes dont les chapiteaux sont sculptés. Au-dessus, le clocher-tour, qui est un peu plus tardif, est accessible par un étroit et escarpé escalier intérieur. L’association des Amis de Veyrines a vu le jour en 1966, dans le but de préserver ce patrimoine inestimable, qui mérite de nombreuses restaurations pour conserver toute sa richesse.

Un village pittoresque

maison village

Avec un intérieur de style roman plus ou moins modifié, le village vaut déjà par sa situation en hauteur, à mi pente en fond de vallée et exposé au sud. La vue y est largement ouverte sur les reliefs forestiers de l’Ardèche Verte. Les maisons du village, bâties en pierres solides, ont été restaurées avec soin par leurs occupants. Le café du village « Lou Sanfourio » offre une terrasse ombragée face à l’église. Une exposition de peinture de l’artiste Geneviève Ponchon est ouverte les après-midis d’été dans ce qui était l’ancien lavoir.
L’église du village date pour l’essentiel du XIIIe siècle, avec le rajout, au XIVe siècle, d’une voûte en ogives sur le transept et d’une chapelle gothique à droite de la nef. L’église abrite encore aujourd’hui un mécanisme manuel pour remonter les cloches.
Deux croix de chemins sont répertoriées parmi les monuments historiques depuis 1932 : la « croix de Saint-Symphorien-de-Mahun »  et celle de Veyrines .

L’oppidum du Chirat blanc

Avec des fonds de cabane d’époque gauloise, le Chirat blanc (ou suc du Barry) est un des sommets qui occupe la crête, au nord de la commune, entre Saint-Symphorien de Mahun et la vallée de la Vocance. Le chirat (l’éboulis) qui descend de son sommet se remarque assez facilement de loin, depuis la vallée. Mais l’originalité de ce sommet est surtout d’avoir été entouré d’une double enceinte de murs en pierres sèches, sans doute à l’époque gauloise. On y trouve aussi d’anciens emplacements de cabanes creusés dans le sol. Malgré tout, les diverses fouilles n’ont pas trouvé de vestiges domestiques. Son occupation a donc sans doute été très courte, pendant un danger momentané. Il a pu alors abriter quelques centaines de personnes.

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